Les cartes de la Vie

Vos cartes, votre jeu, votre réussite.
Vos cartes, votre jeu, votre réussite.

 

Les cartes de la Vie

Avez-vous déjà pensé à votre vie sous la forme d’un jeu de cartes ?

Imaginez : vous faites une réussite pour commencer. Un Solitaire tient. Seul avec vous, le ton est donné. Construisez pas à pas vos colonnes de cartes, transformez cette suite apparemment incohérente de cartes en une file logique, implacable, de figures et de chiffres qui se suivent. Le côté rassurant de cet ordre convenu à l’avance. Convenu avant même que vous preniez les cartes. Le deal est là : je prends mes cartes, suite apparemment sans sens de figures et de petits figurés, et en fonction du jeu que je choisis, en fonction de l’histoire que je décide de vivre avec ce jeu de cartes à l’instant présent, je respecte une règle. Une règle que j’ai moi même décidé de suivre. Et je m’y tiens. Que me réserve mon jeu de cartes ?

Et ce qui est intéressant c’est que le même postulat – les mêmes cartes, le même jeu, la même histoire apparente au départ – se transforme en fonction de « comment » je bats mes cartes. De « comment » je les coupe.

Une infinité de solutions, une infinités d’histoires. L’as de trèfle est-il le premier as à sortir ? L’as de coeur ? Je gagne, je perds ? Belle partie par le challenge ou ennuyeuse par la facilité du découlé des cartes, du découlé des événements ?

Maintenant imaginez encore. Le même jeu de cartes, mais une autre réussite. Ma grand-mère nous faisait apprendre les petits paquets. Une réussite qui a le mérite d’avoir des règles évolutives en fonction du niveau du joueur. D’une réussite très simple, on aboutit à une réussite stratégique.

Le même jeu de cartes, les mêmes figures et figurés, mais une nouvelle règle du jeu. Un nouveau mélange des cartes, une nouvelle coupe, un nouvel instant aussi. Et en fonction de votre niveau d’expérience, vous êtes plus ou moins exigeant avec vous-même. En toute bienveillance. Le challenge de respecter son rythme, tout en se donnant le bon degré de difficulté pour avancer.

Et puis, imaginez maintenant. Votre jeu de cartes devient deux jeux de cartes.

Vos cartes, votre battage de cartes, votre coupe, votre règle du jeu. Le partenaire, ses cartes, son battage, sa coupe, ses règles du jeu, parfois un tout petit peu différentes, parfois très différentes.

Il va falloir respecter l’autre. Son rythme, son niveau d’exigence. S’il y a trop de différences dans une réussite, il va falloir en choisir une autre pour pouvoir se rencontrer pour de vrai. Pour pouvoir réussir. Dans le jeu. Dans la vie.

Alors on reprend les cartes, on choisit une autre réussite, on mélange, on coupe, on joue.

Parfois nous sommes trop loin l’un de l’autre, par le rythme, le but, l’envie, l’esprit. On redistribue, mais çà ne prend toujours pas. Alors, c’est vrai, le vie est un jeu de cartes et il vaut mieux choisir un autre partenaire pour rendre à chacun la possibilité de vraiment jouer avec son jeu de cartes. Sinon quel sens ?

Parfois, on sait, c’est le même jeu, c’est évident. Il a fallu du temps peut-être pour trouver la bonne réussite, celle on l’on se retrouve, ensemble. Pour trouver cette histoire où les deux jeux de cartes avancent, posent les clefs d’une réussite évolutive en fonction du niveau de chacun, en fonction de l’histoire de chacun.

Alors là, çà vaut la peine. Mélangez, encore, coupez, redistribuez, jouez encore. La connivence, la complicité, la connaissance de l’autre, de ses faiblesses, de ses doutes, vous donne une marge de manœuvre pour mieux jouer encore, et pour aider l’autre à voir, grâce à vous, où son esprit bute. C’est ça la bienveillance du jeu de cartes aussi. La bienveillance de la vie aussi. Si le but n’est que de gagner en dépit de l’autre ou en profitant de la faille de l’autre, le jeu n’en vaut pas la peine. Vous le savez. « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Si le but est de faire une belle partie, une belle partie de vie, avec l’autre -qu’il s’agisse d’un partenaire d’amour ou d’un partenaire d’amitié, de travail- alors là, la partie vaut la peine d’être jouée. Corps et âme. Avec stratégie, avec envie.

L’histoire d’une vie. Un jeu de cartes pour soi. Une infinité de solutions pour soi. Et puis deux jeux de cartes pour un « nous » temporaire et contextuel ou plus long. Mais deux jeux qui deviennent un et dont le sens n’existe que parce qu’il a du sens pour deux. Une infinité de solutions.

La vie. Les cartes. Vos cartes. Votre vie. Transformer une suite de cartes apparemment sans sens en une suite de cartes logique, dans l’histoire que vous avez décidé de vivre et de vous conter.

L’histoire que vous avez décidé de construire, sur cet instant, en prenant vos cartes, en les mélangeant, en les coupant, en choisissant l’histoire que vous désirez vivre.

N’hésitez pas à les reprendre et à redistribuez vos cartes pour qu’elles soient celles de cet instant.